Les quatre erreurs
des marques de cosmétique
premium au Vietnam.
En 2024, le marché vietnamien des cosmétiques pesait 2,66 milliards de dollars, importés à près de 90 %.
Les marques européennes en ont pris 23 %. Les coréennes, à elles seules, 30 %.
Cet écart n'est pas une affaire de goût. Les consommateurs vietnamiens veulent de la beauté européenne. C'est une affaire de fluidité : une réglementation exigeante, des canaux de distribution à choisir avec soin, et des comportements d'achat qui ne ressemblent en rien à ceux de l'Europe.
Voici les quatre erreurs que nous voyons commettre aux marques premium, classées par ce qu'elles coûtent.
Erreur uneOuvrir une société avant d'avoir testé le marché
Beaucoup de marques arrivent au Vietnam avec l'intention d'y créer immédiatement leur entité.
Les sociétés à capitaux étrangers sont soumises à un cadre plus contraignant que les sociétés vietnamiennes. La création se fait en deux temps : obtention d'un Investment Registration Certificate (IRC), puis immatriculation. En pratique, cela prend des mois. Chaque point de vente peut exiger sa propre licence commerciale. Et si l'aventure s'arrête, fermer une société étrangère est plus difficile que fermer une société locale.
S'ajoutent les charges courantes : salaires, locaux, comptabilité locale, conformité. C'est un engagement sérieux, pris avant même que la marque ait appris si son positionnement fonctionne.
Vous n'avez pas besoin d'une société au Vietnam pour savoir si le Vietnam veut de vous.
La voie plus souple et bien moins coûteuse consiste à entrer par des réseaux de distribution qui existent déjà, portés par des partenaires qui ont déjà une réputation auprès des consommateurs vietnamiens. C'est ce que nous recommandons : construire la présence d'abord, engager le capital ensuite.
Erreur deuxSous-estimer la conformité à l'import
Les cosmétiques importés sont strictement encadrés. Avant toute commercialisation, un produit doit faire l'objet d'une notification auprès de la Drug Administration of Vietnam (DAV), via la procédure de Cosmetic Product Notification (CPN). Sans elle, le produit ne peut pas être vendu.
En pratique, tout retard ou toute irrégularité dans le dossier peut bloquer la marchandise en douane. Régler cela depuis l'Europe, sans interlocuteur local, sans maîtrise du cadre ni de la langue, est lent et coûteux.
Nous prenons en charge toute la procédure : préparation et dépôt des dossiers, coordination avec les autorités et les douanes, suivi de l'acheminement à chaque étape. Avec des équipes sur place, nos clients ont quelqu'un qui voit venir le problème.
Erreur troisChoisir des distributeurs qui ne collent pas à la marque
Le distributeur décide d'une plus grande part du destin d'une marque au Vietnam que la plupart des dirigeants ne l'imaginent.
Sans connaissance du terrain, les marques tombent dans l'un des deux pièges. Soit elles signent avec un distributeur dont la clientèle est essentiellement expatriée, une niche qui ne dit rien du vrai marché vietnamien. Soit elles signent avec un partenaire dont le positionnement contredit silencieusement leur image premium. Dans les deux cas, la marque est plafonnée.
L'absence d'équipe sur place aggrave tout. Difficile de vérifier la mise en valeur des produits, de superviser la logistique, de limiter la contrefaçon, ou d'obtenir des retours honnêtes. La distance, la langue et la chaîne d'intermédiaires rendent le processus plus lent, plus flou et, au bout du compte, plus cher.
Nous sélectionnons des partenaires dont le positionnement colle vraiment : supermarchés premium, corners en grands magasins, distributeurs spécialisés. Nous supervisons les livraisons, tenons la ligne avec chaque intermédiaire, et vérifions que le produit est présenté comme il doit l'être. L'interlocuteur unique du client reste Liên, en France.
Erreur quatreRejouer le manuel marketing européen
C'est la plus difficile à voir venir. La marque déploie ce qui a marché en Europe, et rien ne se passe.
Le comportement d'achat au Vietnam est structurellement différent. Les réseaux sociaux et le live selling sont au centre de l'achat, pas à sa marge. Près de 78 % des acheteurs de cosmétiques découvrent les produits via des influenceurs. Plus de 38 % des consommateurs regardent du live shopping plus de trois heures par semaine, et la décision se prend souvent en moins de cinq minutes. En France, ce canal reste marginal et le parcours est plus long, plus rationnel, moins digital.
Le produit lui-même doit souvent être adapté. Un climat chaud et humide, des rituels locaux et des codes esthétiques façonnés par la K-beauty tirent dans une autre direction que les standards européens. Une marque forte avec la mauvaise gamme peinera quand même.
Nous aidons nos clients à lire ce marché : quelles tendances bougent, quelles gammes mettre en avant, quels influenceurs correspondent vraiment, et sur quelles plateformes la cible se trouve réellement.
Les marques les plus fortes restent fidèles à elles-mêmes. Elles apprennent simplement à parler local.
Et pourquoi pas vous ?